Le bilinguisme provençal-français en Provence aujourd'hui : Analyse et synthèse (Ph. Blanchet)

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Chapitre premier de Langues, cultures et identités régionales en Provence. La Métaphore de l’aïoli, Paris, L'Harmattan, 2002. Mis en ligne avec l’aimable autorisation de Th. Bulot, directeur de la collection « Espaces discursifs » chez L’Harmattan.

1. Le provençal, qu'es acò ?

Le provençal est la langue romane autochtone parlée en Provence, entité dont le territoire historique constitue aujourd'hui la plus grande partie de la région administrative française appelée "Provence-Alpes-Côte d'Azur", au sud-est de la France, bordant la Méditerranée et la frontière italienne. Elle comprend les départements du Vaucluse, des Bouches-du-Rhône, du Var, des Alpes de Haute-Provence. Le pays niçois, historiquement distinct, constitue le département des Alpes-Maritimes (moins sa frange occidentale entre Grasse et Cannes, provençale). Les Hautes-Alpes, historiquement dauphinoises, sont également rattachées à cette région administrative. Inversement, dans le sud de la Drôme dit "Drôme provençale" (Dauphiné, Région Rhône-Alpes) et sur la rive droite du Rhône, dans le département du Gard jusqu'à Nîmes (Languedoc, Région Languedoc-Roussillon) les populations considèrent souvent leurs parlers, proches du provençal rhodanien, comme du provençal . (Cf. carte 1).

Le provençal appartient au vaste domaine d'oc, dans lequel les linguistes rassemblent des variétés suffisamment différentes au plan typologique comme au plan socio-historique pour que l'intercompréhension ne soit pas clairement assurée entre toutes les variétés, ni surtout une conscience linguistique commune. De fait, les Provençaux considèrent leur langue comme un tout distinct, une langue indépendante d'autres langues régionales "du Sud-Ouest" (Languedoc, Gascogne, etc.) ou "du Nord" (Auvergne, Limousin, Dauphiné, domaine d'oïl, etc.), le critère majeur d'identification étant territorial (lié au sentiment d'identité locale) (Blanchet 1992).

L'usage ancien qui attribuait au terme provençal un sens "ensemble des parlers du domaine d'oc" est ambigu. On préfère en ce sens aujourd'hui langue(s) d'oc,  voire "occitan" (qui n'est employé que dans certains milieux scientifiques ou militants, et s'appuie sur une idéologie particulière). Les Provençaux désignent leur langue sous le terme provençal, ou "patois" avec éventuellement précision du type "provençal, toulonnais, gavot, d'Avignon, de Vaison, etc.".

Le provençal présente en outre, dans ses variantes méridionales les plus étendues et explicitement "provençales" (cf. carte 2), des spécificités phonétiques et morphologiques assez nettes qui le distinguent clairement du reste de la famille d'oc et le rapproche de variétés italiennes : les finales orales des mots sont à 90% vocaliques (seuls -s, -r y apparaissent parfois). Si le féminin est en général en -o (comme dans la majorité des idiomes d'oc, et non en -a, le masculin est souvent en -e ou -ou atones (le -i final étant possible pour les deux genres). Les noms sont invariables (pas de -sdu pluriel, l'article li/lei indique le nombre) et seuls les adjectifs placés juste avant le nom prennent une marque du pluriel en -(e)i.
Sur le plan culturel, il s'agit d'une société latine, méditerranéo-alpine à forte identité, ayant en sus notamment oscillé, au fil de son Histoire, entre Italie, France et, quelque peu, Catalogne.
 


carte consciences linguistiques provençales
 
 

2. Bref historique des relations provençal-français

Le provençal a été confronté à la progression du français depuis le XVIe siècle. Ce dernier a été introduit en Provence comme langue écrite à la fin du XVe et son usage juridique, en remplacement du latin, a été confirmé par l'édit de Villers-Cotterêt (1539). La Provence a été le pays d'oc le plus tardivement passé à l'écrit administratif français (on y trouve du provençal jusque fin XVIe et il y réapparait aujourd'hui). Cela n'eut d'ailleurs que peu de conséquences sur l'usage oral de la grande majorité de la population, qui restera à dominante provençalophone jusqu'au XXe. Les classes "supérieures", de plus en plus attirées par le pôle parisien, sont celles qui tendent à apprendre le français entre le XVIe et le XVIIIe. Cela est dû au fait que, après avoir appartenu à une dynastie aragonaise puis angevine, la couronne de Provence -mais non la Provence, qui reste indépendante jusqu'en 1790- est léguée au Roi de France en 1486. Se met ainsi en place une situation diglossique "modérée" avec certains écrits en français et le reste de l'espace sociolinguistique en provençal (avec ici ou là un peu de latin et d'italien).

Au XIXe, avec l'annexion de la Provence et du Comtat par la France, le conflit se fait plus fort : la législation nationaliste et les structures socio-culturelles uniformisatrices mises en place depuis 1789, relayées par les classes supérieures, rejettent partout les "patois" et exigent du peuple des rudiments de français. La connaissance du français progresse alors un peu dans les couches populaires. Mais c'est avec l'école obligatoire, la guerre de 1914 et une modernisation profonde (médias, communications, exode rural…), que la majorité des Provençaux s'approprie par force le français, entre 1890 et 1950, sous la forme particulière d'un français provençalisé, ce français régional que nous parlons aujourd'hui. Après la 2e guerre mondiale, le provençal continuera sa régression quantitative, étant victime d'interdictions et de mépris de la part des autorités françaises, en partie refusé aux nouvelles générations, et noyé dans un flux immigratoire de grande ampleur venu notamment de la moitié nord de la France (tourisme, implantations économiques…).

Cependant, l'imposition exclusive du français contre le provençal a entrainé dans la population le développement de mouvements de soutien de la langue régionale dans une perspective sinon de bilinguisme égalitaire, au moins de diglossie stabilisée. Le provençal fait partie de ces langues de France suffisamment individuées et illustrées pour que le "complexe patoisant" instillé à l'école ne pénètre pas radicalement la population : les parlers de Provence ont toujours conservé en partie le statut de "langue" identifiée sous un nom commun. Ces mouvements, dont l'archétype a été et reste le Félibrige (fondé en 1854 par F. Mistral et toujours existant) sont actifs sur tous les plans : littéraire (le plus réussi, avec l'essor d'une création de qualité reconnue jusqu'à nos jours, voir Courty 1997 et Bayle-Courty 1995), pédagogique (développement de l'enseignement associatif et dans l'Éducation nationale), politique (affirmation d'une identité culturelle régionale), etc. Ces mouvements, pacifiques et ouverts, s'appuient sur la philosophie humaniste des Droits de la Personne et des minorités, contrairement à ce que prétendent des rumeurs calomnieuses qui voudraient systématiquement les connoter d'une idéologie conservatrice (voir Blanchet 2000a et [dir.] 1997b). Leur présence et leur action se poursuit de nos jours partout en Provence, où le provençal bénéficie maintenant d'une dynamique nouvelle et d'une nette amélioration qualitative au moins en termes de légitimation sociale.

Sur le plan littéraire, qui constitue l'un des points forts des pratiques et de l'image du provençal, signalons que la littérature en français n'est vraiment apparue en Provence qu'à partir du XIXe siècle, c'est-à-dire de la francisation effective, mais a connu depuis de grands auteurs à la fibre souvent régionaliste (Daudet, Rostand, Pagnol, Giono, Bosco, Char, etc.).

La littérature en provençal est marquée par trois grandes périodes (voir Rostaing et Jouveau 1987). Le moyen-âge fut celle des Troubadours, dont de nombreux Provençaux, qui influencèrent toutes les littératures d'Europe par leurs superbes poésies en langue d'oc (XIe-XIVe s.). La première renaissance, au XVIe siècle, a lieu notamment sous l'influence des poètes italiens (Pétrarque), avec un foyer de création poétique autour d'Aix et Marseille (Bellaud, Tronc, Ruffi) puis au XVIIe de création théâtrale à Aix (Brueys, Zerbin, Codolet) et de poésies pastorales (Saboly, d'Avignon). La créativité redémarre fin XVIIIe dans les villes (Aix, Marseille, Arles, Toulon, avec  Diouloufet, Gros, Coye, Pélabon) et s'épanouit au XIXe avec la respelido : c'est, autour d'une intense production (Gelu, Aubanel, Roumanille, Maurel, etc.), le mouvement du Félibrige centré sur Arles-Avignon, dominé par Frédéric Mistral (Prix Nobel en 1904, voir Mauron 1993) et qui se poursuit au XXe jusqu'à aujourd'hui (avec de grands noms comme D'Arbaud, Baroncelli, Peyre, Bosco, Drutel, Chamson, Bayle, Galtier, Bec, Delavouët, Tennevin, Giély, Courty, etc.).

Si la poésie domine largement, le théâtre (souvent rimé) la suit de près, la prose se développe progressivement (romans, nouvelles), mais on n'oubliera pas le cinéma et surtout aujourd'hui la chanson (Bonnet, Chiron, Carlotti, Massilia…).

Il faut noter que les cinq départements provençaux fournissent à eux seuls plus du tiers (et les plus prestigieux) des 1500 auteurs écrivant en langue régionale recensés aux XIXe et XXe siècles dans les 32 départements français du domaine d'oc .
 

3. Le statut général du provençal et du français

Le statut de "langue" distincte du français est largement reconnu au provençal, qui n'est ni perçu ni présenté comme une "déformation" du français (au contraire de ce qui se passe en domaine d'oïl). Mais le provençal est ressenti comme étant moins une "langue", car moins prestigieux, légitime et reconnu, que le français. La perception qu'on a des provençalophones est ambivalente : valorisante (ce sont des gens riches d'une culture prestigieuse et bien intégrés dans le tissu local) et dévalorisante (ce sont des patoisants ruraux). La perception positive l'emporte toutefois largement : une enquête de M. Gasquet-Cyrus révèle par exemple que sur 500 personnes interrogées à Marseille en 1997, 86, 5 % considèrent que le provençal est une langue valorisante (Gasquet-Cyrus 2000).

Il existe une sorte de diglossie interne, "patois" contre "provençal littéraire" et "gavot" (montagnard) contre provençal méridional (voir Blanchet 1992a ; Bouvier et Martel 1998 ; Pasquini 2000). Cette diglossie est tempérée par le fait que les Provençaux sont en général très attachés à leur variante locale de provençal. L'approche majoritaire de la langue, à tous les niveaux, est une approche dite "polynomique", à la corse, c'est-à-dire où la langue est conçue et acceptée comme une unité dans sa diversité, sans construction d'une norme "standard", par la conscience linguistique et la volonté identitaire de la population. Toutes les variétés parlées sont donc reconnues à parité, acceptées, transcrites et usitées à l'écrit, d'autant qu'elles sont proches, familières, et immédiatement inter-compréhensibles (Chiorboli 1991). [Voir carte 2 en annexe ci-après].

Pour les Provençaux, comme pour beaucoup de sociolinguistes et la plupart des institutions régionales, nationales et internationales, c'est aussi une langue distincte dans l'ensemble d'oc . Toutes les enquêtes prouvent que c'est ainsi que les Provençaux le considèrent et le nomment, à une large majorité (au moins 90 %, voir Duchêne 1986 ; Blanchet 1992a). C'est également le cas chez leurs voisins languedociens ou italiens, ainsi que pour les Français d'autres régions quand ils citent des langues de France (Hamel et Gardy 1994, 96 ; Boyer 1991, 140 ; Tabouret-Keller 1999). La plupart des institutions françaises ou internationales aussi : INSEE (questionnaire familial du recensement 1999), Conseil supérieur de l'audio-visuel (dans sa prise en compte des émissions TV en langues régionales), Conseil de l'Europe (communiqué de presse du 01/07/1998 à la sortie du rapport Poignant sur les langues régionales de France, dépêche AFP n° 011850), UNESCO (Wurms 1996, 29), différents ouvrages scientifiques et répertoires français ou internationaux des langues du monde (Soutet 1995, 38 ; Grimes 1996, 481 ; Francard 2000 ; QUID 1998, 841 ; annuaire des linguistes de l'enseignement supérieur français, classés par langue de spécialité ; répertoire informatique RAMEAU de la Bibliothèque de France ; thésaurus informatique Motbis du Centre National de Documentation Pédagogique), etc. Au niveau proprement régional, le Conseil régional (position publique des trois présidents successifs à ce jour, titres des conseillers chargés de ce dossier), les Conseils généraux (idem), la plupart des élus (voir ci-dessous), les rectorats d'Académie (intitulés des enseignements et des postes, interview dans le journal La Provence du 29/07/99), l'université de Provence (déclarations du président), les organismes associatifs, etc., considèrent le provençal comme une langue à part entière.

Ce statut est étayé par un puissant sentiment provençal d'identité historique et culturelle spécifique , par l'existence d'une langue écrite (y compris une littérature prestigieuse), par des ouvrages métalinguistiques et pédagogiques spécifiques, et l'accord quasi général sur l'orthographe moderne dite "mistralienne" (voir infra). Il est historiquement bien attesté, au moins depuis le XVIIIe siècle (Merle 1989, note 27), et probablement plus tôt, puisque seul le nom provençal associé à la Provence est employé depuis le XVIe.

Il existe également des amalgames avec un éventuel ensemble occitan chez certains mouvements militants, minoritaires en Provence, qui affirment que le provençal est un dialecte de l'occitan, et l'écrivent selon la graphie occitane dite "classique", fondée sur les graphies médiévales et un languedocien standardisé, proche du système français dans ses principes. On retrouve cela dans certains textes officiels de l'Etat, mal informé ou inspiré par la militance occitaniste (notamment dans l'Éducation Nationale et à l'occasion de la signature de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ). Ces textes ont provoqué de vives prises de position opposées de la part de nombreux élus provençaux (au premier rang desquels le président du conseil régional , les présidents ou vice-présidents des conseils généraux des Alpes-de-Haute-Provence, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, du Var, des Alpes-Maritimes, les maires et conseils municipaux des principales villes de Provence, plus de 50% des députés et sénateurs, etc. ), d'universitaires, de personnalités culturelles et du tissu associatif (Blanchet 2001a). Un collectif pour la reconnaissance de la langue provençale a recueilli plus de 6000 adhésions en quelques mois en l'an 2000 (soit à lui seul trois fois plus de personnes que les plus grosses associations régionalistes de tout le domaine d'oc) et réuni 10.000 personnes pour une manifestation à Arles le 30/09/2001 (cf. La Provence du 01/10/2001).

De nombreux sociolinguistes ont également fait remarquer que "le résultat d'une classification linguistique est toujours contestable (…) des langues restent exclues, ou sont repêchées avec une étiquette qu'elles ne souhaitent pas forcément, ou sont intégrées contre leur gré (…) le critère est en dernier ressort celui de la volonté populaire" (Chiorboli dans Clairis et alii 1999, 188). De même, D. de Robillard (2000, 142) : "La sociolinguistique a maintenant les outils pour montrer que la (dis) continuité systémique n'est pas le seul critère permettant d'établir l'autonomie d'une langue (…) les représentations sociolinguistiques peuvent tout à fait constituer un critère décisif".

Au-delà de l'identité culturelle et de la conscience linguistique régionales, une crainte fondée motive ces résistances à l'option occitaniste, puisque celle-ci vise, à terme (et d'ores et déjà à l'écrit), l'effacement au moins partiel des particularités régionales et l'instauration d'une langue standard basée sur un languedocien "central". Il arrive en effet régulièrement que, dès lors qu'on admet une "unité occitane", les réalités régionales spécifiques ne soient plus ni mentionnées, ni même envisagées. On en a vu récemment un cas frappant avec le projet de Répertoire des organismes actifs dans le domaine des langues de France diffusé pour vérification par le ministère de la culture (DGLF), où tout le domaine d'oc était classé sous l'unique étiquette occitan (sans même préciser gascon ou provençal, par exemple), à l'exception des organismes provençaux qui, ayant indiqué comme langue de leurs activités non pas occitan, mais "autres : provençal", ont vu la mention provençal être précisée à côté de occitan. Seul occitan figure sur le catalogue du programme d’édition « Lacunes » de la DGLF. De même, France 3 Toulouse ayant acheté les droits de traduction et de diffusion du dessin animé Tintin "en occitan" et pour tout le sud de la France (sans consulter qui que ce soit dans d'autres Régions), il n'était plus possible de le retraduire en provençal… Il a fallu une aide spéciale pour financer cette adaptation supplémentaire, faute de quoi on l'aurait diffusé en languedocien en Provence (diffusion en cours depuis septembre 2000). Les exemples de ce type sont nombreux.

Enfin, les objectifs de l'option occitaniste ne sont pas partagés par la population provençale ni par la majorité des associations culturelles provençales, dont les projets sont beaucoup plus modérés et plus directement en prise avec la culture populaire (Desiles 1990).

Parallèlement, le français sous sa forme régionale est devenu une norme légitime emblématique de l'identité provençale, d'une façon plus concrète et moins symbolique que la langue provençale elle-même, dont il est pétri. Il se transmet de façon dynamique aux jeunes générations : une enquête réalisée en 1997 à Marseille à partir du corpus lexical relevé par A. Brun en 1931 montre que 54 % des termes restent très usuels, que 11 % d'entre eux ont donné lieu à des dérivés nouveaux, et qu'à 44 % ont été assignées des significations nouvelles (Kasbarian 2000). Il est pratiqué sous sa forme régionale provençalisée par l’immense majorité des habitants, toutes origines confondues, même par les jeunes d’origine immigrée à Marseille (Binisti et Gasquet-Cyrus 2001).
 

4. Estimations démographique

En termes historiques, l'ensemble des sources (par exemple Brun 1927 ; Roux 1970 ; Reyre 1997 ; Pasquini 2000) et de nombreux témoignages recueillis (y compris dans la littérature régionale ) permettent de penser que c'est vers les années 1920-1930 à la campagne (la population rurale est alors majoritaire) et probablement une génération plus tôt dans les grandes villes, que s'est véritablement opéré le passage au français pour élever les enfants. Ceux-ci sont nécessairement restés bilingues actifs au moins pendant une génération et passifs au moins jusque dans les années 1950, voire plus tard (et jusqu'à aujourd'hui) selon les familles . Même à Marseille, jusqu'à la première guerre mondiale, on rencontre l'évocation régulière de personnes âgées qui ne parlaient pas du tout français et celle, générale, d'un emploi du provençal plus répandu que celui du français dans les milieux populaires.

Il n'existe pas d'étude spécifique de grande ampleur sur la pratique du provençal à la fin du XXe s. Les enjeux sociaux et idéologiques lourds d'un tel phénomène sont tels que je doute d'ailleurs de la fiabilité d'un questionnaire et de la représentativité des réponses éventuelles. Par contre, nous pouvons croiser un certain nombre d'enquêtes ponctuelles, de données et d'estimations provenant de diverses sources, d'autant que les résultats en sont convergents.
Eschman (1983) donne 20 % de "bons" locuteurs actifs et 40 % de "bons" passifs (soit davantage avec ceux à compétences "moyennes") dans la région d'Apt. Blanchet (1992a) donne 25 % de locuteurs actifs et 40 % de passifs parmi un échantillon de 500 informateurs de la région Toulon-Marseille-Aix. Taylor (1996) donne 30 % de locuteurs chez ses informateurs aixois. L'audience actuelle des émissions en provençal selon Médiamétrie / France 3 tourne autour de 100 000 téléspectateurs à des heures de faible écoute générale (soit entre 10 et 18 % des téléspectateurs, autant que les programmes régionaux en français) et reste la meilleure de toutes les émissions en langues régionales du grand Sud ; selon une enquête médiamétrie commandée par France 3, fin 1998, dans deux zones très urbanisées et à la population très diversifiée (donc peu propices à la langue locale), il y aurait dans l'agglomération marseillaise 23 % de locuteurs passifs (300.000 personnes) et 5 % d'actifs (65.000), sur la côte varoise 17 % de passifs (70.000 personnes) et 4 % d'actifs (16.000), dont 70 % du tout ont plus de 50 ans et environ 10 % moins de 25 ans. Gasquet-Cyrus a relevé des chiffres similaires à Marseille dans son enquête de 1997. Ce sont là les chiffres les plus bas possibles. On peut raisonnablement supposer que les proportions sont doublées en zones semi-rurales et rurales, dans les réservoirs de locuteurs que sont l'arrière-pays varois, le pays d'Arles, le Lubéron, la Haute-Provence.
Des enquêtes réalisées par l'inspection académique des Bouches-du-Rhône en 1990 donnent 40 % de parents locuteurs actifs ou passifs.
Globalement, la répartition des habitants est ainsi d'environ 1 sur 2 :
 
 
 

Estimations démolinguistiques

 
Habitants la région admnistrative en 1996
4, 5 millions
dont la moitié installés depuis + de 35 ans
2, 25 millions
dont la moitié de locuteurs (passifs compris)
1 million
dont la moitié de locuteurs actifs
500 000
dont la moitié de locuteurs intensifs
250 000

Il faut ajouter à ces données démographiques qu'environ 6 millions de touristes (soit 50% de plus que la population, 200% de plus que la population stable et 500% de plus que les provençalophones estimés, passifs compris, 1000% des locuteurs actifs) séjournent en Provence chaque année, en majorité pendant l'été (source INSEE) ! On comprend que le provençal soit noyé dans la masse, que cela conforte le repli de ses usages vers des lieux privés et lui octroie une puissante fonction de connivence entre autochtones.
En termes de générations de locuteurs, on ne sera pas surpris des chiffres du tableau suivant, la chute en trente ans et les proportions étant confirmées par d'autres enquêtes :

Tranches d'âges des locuteurs

 


Cependant, il faut se garder d'estimations définitives. En effet, un nombre difficile à estimer d'informateurs jeunes et citadins peuvent prétendre ne pas savoir la langue pour donner d'eux-mêmes une image plus conforme à un style "moderne" valorisant (Blanchet 1994c et 1996b). L'expérience montre qu'on arrive régulièrement à faire parler provençal des gens qui prétendent au départ ne pas le savoir ni surtout le pratiquer. De plus, l'usage du provençal joue dans la société rurale et semi-rurale le rôle d'un rite de passage : il symbolise l'accès au monde d'adultes dans diverses activités d'hommes (chasse, pêche, jeux de boule, courses de taureaux, au café, etc.). Il faut ainsi atteindre un certain âge pour pouvoir légitimement s'affirmer provençalophone.

Enfin, cela participe d'un mouvement général que plusieurs linguistes ont récemment observé (Eloy 1998) et qui reste à étudier : l'activation des locuteurs passifs. Deux âges charnières semblent jouer, l'adolescence (construction d'une identité personnelle et passage au statut d'adulte) et plus souvent la retraite (retour au village et aux racines, réintégration dans la communauté d'origine après une vie professionnelle souvent mobile, statut de grands-parents). Un "non-locuteur" aujourd'hui peut devenir locuteur actif plus tard et expliquer le gonflement de la courbe vers les tranches d'âges supérieures. Reyre (1997) a montré que la compétence passive en provençal est en général d’un bon niveau chez les locuteurs concernés.

La transmission parents-enfants directe est aujourd'hui réduite à un faible pourcentage des familles, estimé à 5 % pour occitan et provençal par une enquête INED discutable de 1993 (Rossillon 1995, 26 et Blanchet 1997a). Mais ce chiffre est trompeur car la plupart des provençalophones nés après 1960 ont appris la langue avec leurs grands-parents, d'abord de façon passive. Ainsi, il y a à la fin du XXe s. des provençalophones partout en Provence, même dans les zones très urbanisées de la côte, mais de façon irrégulière et souvent dissimulée. Le taux relativement élevé de locuteurs passifs explique, dans le cadre d'un fort sentiment d'identité régionale et d'une chute très nette des locuteurs actifs, une présence publique extensive, symbolique et désormais croissante du provençal, ainsi qu'une mobilisation associative très dense et une pratique encouragée de la langue : le nombre d’usagers symboliques du provençal est élevé (environ 80% de la population s’y déclare attachés).

 Consulter l'analyse des résultats sociolinguistiques du recensement 1999 pour la Provence.

5. Les types de pratiques actuelles et leurs contextes

Enjeux d'une dynamique en cours

D'une manière générale, en termes de pratiques, le facteur identitaire étant majeur dans la situation provençale (c'est la motivation principale d'attachement à la langue avancée par les Provençaux lorsque l'on enquête), il faut d'abord envisager l'état du sentiment d'appartenance en Provence.

Or, toutes les enquêtes et tous les indicateurs convergent pour affirmer que le sentiment d'appartenance régionale est très vivant en Provence aujourd'hui, notamment chez les Provençaux nés dans la région (Coulomb, Martel & Pelen, 1992), mais y compris chez une bonne part de ceux installés dans la région depuis une génération ou moins. L'identité régionale est même assez fréquemment avancée comme primant sur l'identité française voire s'opposant à elle (voir aussi Géa 1995 et Bromberger 1995 à propos des supporters de l'O. M., l'équipe de football de Marseille) : une enquête de 1999 menée par B. Mabilon-Bonfils auprès de 1250 lycéens de Carpentras révèle que 30 % de ceux nés en Provence se sentent "provençaux" avant de se sentir français (Mabilon-Bonfils 2001.) ; une autre enquête (Gasquet-Cyrus, 1997) montre que les Marseillais déclarent leur ville "méditerranéenne" (85 %), puis "provençale" (73 %), mais seulement 30 % la déclarent "française" contre 35 % "pas française" (sur le plan de l'identité culturelle). D'après les enquêtes de Cesari et alii (2001), près de 95 % des jeunes Marseillais "d'origine française" ou "algérienne" se déclarent Marseillais plus que Français. Cet attachement, habituel mais peu ostensible chez les adultes et les anciens, est frappant chez les jeunes, notamment dans les zones urbaines à population métissée comme l'agglomération marseillaise. C'est là en général une identité ouverte, intégratrice des populations immigrées, à fort ancrage local, dont l'archétype est l'identité marseillaise avec son club de foot à l'italienne et son rap "ethno-world-music" aux accents pagnolesques (Bromberger 1995 ; Géa 1995 ; Taylor 1996 ; Binisti et Gasquet-Cyrus 2001 ; Cesari 2001 ; Blanchet 1995b). Des études ponctuelles ont montré que, par exemple, "dans les associations célébrant le caractère provençal de Martigues (…) les adhérents d'origine extérieure (…) à la région forment (…) une masse importante (Verges et Apkarian 1984, 163).

Ce particularisme provençal est fortement ressenti de l'extérieur de la Provence par les autres Français, ce dont témoignent de façon souvent caricaturale, stéréotypée, les médias "nationaux" (c'est-à-dire parisiens, comme disent les Provençaux). L'anti-parisianisme, voire l'anti-"Français du Nord" , est vif et vivace en Provence, y compris au plan politique comme l'ont montré les combats acharnés contre la construction de la ligne TGV-Méditerranée depuis 1991. Ce pôle franco-parisien constitue le référent négatif, distinctif, de l'identité provençale, le pôle positif, attractif, se situant du côté de la Méditerranée italienne, tant dans les discours que dans les faits historiques et culturels attestés (mais la dialectique entre ces deux pôles est complexe).

Cette affirmation identitaire, bien répandue dans la population, se manifeste de façon globalement bonhomme et pacifique : il n'y a pour ainsi dire pas de revendication nationaliste provençale et la Provence est l'une des rares régions "périphériques" à forte identité à n'avoir suscité ni action terroriste ni mouvement nationaliste (au contraire de la Bretagne, du Pays basque, du Languedoc occitan et de la Corse). La tradition d'accueil et la convivialité traditionnelles des Provençaux, qu'il ne faut toutefois pas exagérer , un certain individualisme à tendance "anarcho-italo-méditerranéenne" (idem !), y sont vraisemblablement pour quelque chose, sur le plan culturel.

Le Conseil régional a lancé depuis le début des années 1990 une action modeste d'institutionnalisation du provençal, avec soutien financier aux actions culturelles  et interventions auprès de l'Etat français pour défendre les droits de ses locuteurs (par exemple contre la loi Toubon en 1995 ou lors des décisions parallèles à la signature par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires en 1998). Le président du Conseil régional M. Vauzelle a déclaré à l'Assemblée nationale le 17/01/2001"à l'image de ce qui a été fait pour la Corse, celles de nos régions qui (…) comme la Provence, la Bretagne ou l'Alsace ont une forte identité culturelle, doivent (…) bénéficier d'un statut particulier (…) Chaque région doit voir reconnus ses (…) langues, ses coutumes, son art de vivre (…) la Provence souhaite que son identité propre soit reconnue". Cette légitimation relative a un net impact sur la population, sur sa conscience linguistique, mais on en mesure encore mal les effets en termes de pratiques effectives de la langue. On ne peut que constater qu'on la voit réapparaitre partout sous des formes diverses (dont un "néo-provençal" que nous étudierons plus loin), y compris dans des domaines de modernité où elle était irrecevable il y a trente ans et dans des groupes de population d'où elle semblait disparue (jeunes de quartiers défavorisés ou classes supérieures). Une dynamique est là, en phase avec certaines aspirations de la population, au sein de laquelle des pratiques médiatiques (chanson, TV, enseignement…) trouvent une place qui confirme cette relégitimation en cours.

Dans les phénomènes linguistiques, cette identité régionale se manifeste ainsi de deux façons, emblématiques, complémentaires et/ou concurrentielles. Sa face apparente est représentée par le français régional, qui est aujourd'hui la plus importante en quantité, et pour certains locuteurs en qualité . Les Provençaux parlent à une très large majorité un français provençalisé (sur tous les plans : phonético-phonologique, morpho-syntaxique, lexico-sémantique, socio-pragmatique, voir annexe 2 ci-après) qui se transmet de génération en génération avec une certaine permanence, même chez les non-locuteurs du provençal (Blanchet, 1991a, Taylor, 1996, Kasbarian 2000, Binisti et Gasquet-Cyrus 2001). Ce français interférentiel stabilisé, bien connu, est érigé par la population en véritable norme régionale, au point que, dans de nombreuses situations formelles (y compris à l'école ou chez les hommes de loi), il soit considéré, sous une forme atténuée, comme meilleur que le français "pointu" d'origine parisienne de l'école et des médias (Taylor, 1996 ; voir 1e partie infra). En outre, son usage est souvent conscient (Bouvier et Martel, 1991) et a largement investi la littérature provençale d'expression française, de Pagnol et Giono à Carrese et Izzo aujourd'hui. Il est remarquable qu'il n'existe quasiment pas en Provence de français "beur" et que les jeunes issus de l'émigration parlent un français provençal, avec très peu de verlan (Binisti et Gasquet-Cyrus 2001).

Cette variété de français fonctionne à la fois comme un complément / concurrent direct du provençal dans sa fonction identitaire et comme un bain linguistique porteur facilitant la compréhension et l'acquisition du provençal pour les personnes qui ne parlent pas la langue régionale. Il réconcilie ainsi les deux faces de l'identité provençale d'aujourd'hui, puisqu'il est à la fois du français et du provençal. La langue provençale, du coup, est investie d'une fonction de marqueur symbolique, de référent patrimonial de l'identité régionale, dont la présence est nécessaire et affirmée, mais dont la pratique effective est assurée à un degré beaucoup plus réduit . On observe même à Marseille du pseudo-provençal réinventé pour nommer des lieux, des animaux ou plaisanter (Binisti et Gasquet-Cyrus 2001, 17). Cette valeur symbolique est renforcée par le fait que les villages ruraux deviennent depuis quelques années des "niches identitaires" où les populations très majoritairement urbaines d'aujourd'hui recherchent leurs origines, expriment leur "patriotisme local" (Haeringer 2000), y compris en venant y habiter ponctuellement (résidences secondaires) ou durablement (les "néo-ruraux" aisés revenus vivre au village). Or, la langue régionale est fortement associée à ces espaces ruraux, tant sur le plan de ses pratiques effectives que comme symbole d'une qualité de vie plus écologique, plus humaine et plus enracinée.

 Pratiques écrites

Je passerai rapidement sur les pratiques écrites du provençal et du français régional, déjà envisagées ci-dessus. On observe, pour le provençal :
-des écrits métalinguistiques et pédagogiques, de la littérature provençalophone (une cinquantaine de titres par an, parfois publiés par des éditeurs professionnels) ou française -régionale- avec apparition sporadique de provençal,
-une trentaine de revues spécialisées de type souvent local et artisanal,
-des apparitions régulières dans tous les médias régionaux dont les magazines des collectivités locales (pour de petites chroniques),
-des occurrences rares mais régulières de publicités et affiches commerciales en provençal  ou faisant appel à un français plus ou moins régional (et plus ou moins authentique !),
-de nombreux noms de maisons privées et de boutiques, de rues, de communes (panneaux), courriers privés…

Le provençal n'a probablement jamais été autant écrit qu'en cette fin du XXe siècle, sauf peut-être à la grande époque du Félibrige dans la deuxième moitié du XIXe . Mais ces pratiques demeurent "spécialisées" et donc marginalisées, d'autant que c'est bien par l'écrit que le français s'est d'abord imposé en Provence (dès le XVIe s.), au point d'évincer presque toute alphabétisation en provençal. Le français régional, de ce point de vue, est disqualifié : sauf élément ponctuel, on écrit bien sûr en français "normatif" scolaire.

Pratiques orales "ordinaires"

La pratique du français régional est extrêmement répandue, considérée comme normale, et reste peu connotée par une hiérarchisation sociale (sauf en termes de degré de provençalité, voir Bouvier et Martel 1991 et Taylor 1996) dans le contexte régional. Resituée dans le contexte français, la situation est moins nette, puisque le français de Provence est plutôt perçu de façon positive, mais reste connoté "populaire" (on s'en servira dans un film comique ou une publicité de lessive, pas dans une tragédie d'auteur ni une pub de parfum) et rejeté hors norme (voir la prononciation des professionnels de la parole médiatique, journalistes, acteurs, politiciens, ou des situations très formelles type jury d'agrégation, etc.).
En ce qui concerne la pratique orale du provençal, moins connue et dont nous étudierons un exemple chapitre 5, étant donné la situation de repli diglossique, elle s'avère observable uniquement de façon ponctuelle et de l'intérieur de la communauté provençalophone, exception faite des marchés (où d'ailleurs le provençal est rarement d'usage ouvert, sauf dans certaines zones rurales). Il est très fréquent que des "estrangié", même installés à long terme, n'entendent pas parler provençal dans la vie quotidienne autour d'eux . Et pourtant, si l'on se lie avec les gens et qu'on provoque le passage au provençal, qu'on vainc les réticences, à condition qu'on soit soi-même Provençal et provençalophone, on découvre de nombreux locuteurs un peu partout. Il reste que des locuteurs peuvent refuser explicitement ou non de passer au provençal même après avoir reconnu le parler, s'ils ne vous connaissent pas assez ou que cela leur parait trop incongru par rapport à la situation de communication.

Les pratiques orales restent toutefois de loin les plus vivantes, les plus importantes, et l'ont toujours été (comme pour toute langue vivante mais dans une proportion beaucoup plus importante que pour les langues dominantes, situation typique d'une langue minoritaire). Pourtant, alors que les pratiques écrites sont en développement depuis un siècle et demi, les pratiques orales ont connu dans la même période une forte régression. En 1865, l'enquête Duruy donnait plus de 90 % de communes non francophones dans le Var. Alors que plus de 80 à 90 % des échanges avaient ainsi lieu en provençal vers 1850 ou 1900, avec près de 100 % de locuteurs chez les autochtones (et même chez les immigrés notamment italiens, voir Roux 1970 pour le Var ; Reyre 1997 et Pasquini 2000 pour la vallée du Rhône, Blanchet à par.a), la proportion s'est à peu près inversée au cours du XXe, avec, on l'a dit, un seuil estimable à 50 % entre 1930 et 1950.

Le repli s'est effectué vers les pratiques intimes (famille, amis) ou les lieux de sociabilité traditionnelle (chasse, boules, pêche, fêtes). Jusque vers 1930-1950 (en décroissant), presque tous les Provençaux ont le provençal, qui reste d'usage quotidien, pour langue première (parfois à bilinguisme égal avec le français). Après cette époque, le français s'y substitue de plus en plus, au point d'avoir des monolingues français majoritaires dans les générations nées après 1960, sauf zones rurales et exceptions familiales. Les provençalophones monolingues (au moins actifs) sont devenus très rares (ce sont surtout des vieillards ayant toujours vécu dans des villages montagnards, mais j'en connais des exemples y compris tout près de Toulon).

Ce phénomène de conflit/complémentarité a produit des pratiques mixtes aujourd'hui dominantes (français régional, néo-provençal et alternances) que nous exposerons plus loin.

Les pratiques médiatiques

Pour le provençal, il faut distinguer des pratiques "ordinaires" les pratiques médiatisées modernes (provençal ou "néo-provençal"), portées par le renouveau de légitimité sociale de la langue, sans toutefois les en dissocier. On peut même envisager, du reste, que de cette relégitimation aient des effets suffisants pour enrayer, voire stopper, la régression des pratiques orales en général. C'est le but avoué de la majorité des mouvements militants quant à leur action de promotion et d'institutionnalisation du provençal (qui précède ainsi l'action par l'enseignement).

Les conséquences de ce vaste courant d'affirmation d'identité culturelle locale, en français régional comme en provençal, sont notamment une nouvelle présence ostensible de l'oralité en provençal, conjointement à celle de l'écrit.

Dans les médias audiovisuels, on observe des émissions TV spécialisées sur France 3 (chaine publique à caractère semi-régional) -rien sur Télé Monte Carlo (chaine privée locale)- (de 2 X 26 mn hebdomadaires, 3 minutes d'infos quotidiennes et, en 2000, une version en provençal d'un dessin animé de Tintin à raison d'environ 15 minutes le samedi)  et plus rarement des prestations radiophoniques. A cela s'ajoute le développement de la chanson avec le succès de Massilia Sound System mais aussi des réussites moins médiatiques, comme celles de G. Bonnet (Eurovision 1985), Carlotti (Prix Charles Cros 1995), de Chiron, de P. Pascal, de chœurs traditionnels (Corou de Berra, etc.).

Les spectacles musicaux (dont les pastorales traditionnelles, toujours très appréciées à Noël, le festival de Martigues ), les émissions de télévision, ont une audience appréciable (chiffrée en centaines de milliers, voir supra). On note également un renouveau du théâtre avec les succès de "La Targo" à Toulon, de F. Gag à Nice, et plus récemment de R. Moucadel à Arles et Avignon, etc.

Le milieu politique, de J.-C. Gaudin à M. Vauzelle (présidents successifs du conseil régional) et à de nombreux élus locaux, ne dédaignent pas -ou plus- de s'exprimer "avec l'accent", voire en provençal dans certaines occasions. Des sessions d'assemblées sont parfois ouvertes en provençal, des conseils municipaux délibèrent dans cette langue, les bulletins des collectivités accueillent des chroniques en langue régionale, et certains maires célèbrent même des mariages en provençal ou prennent des arrêtés bilingues . La classe politique locale s'est d'ailleurs massivement manifestée pour promouvoir le provençal depuis le lancement de la Charte européenne (voir supra). C'est bien parce qu'il s'agit d'un "créneau porteur" que le Front national, parachuté dans la région, a vainement cherché à récupérer le thème de l'identité régionale (Blanchet, 2000a).

Le provençal apparait aussi désormais, plus que localement, dans le monde commercial (publicités, etc.).

En ce qui concerne le français régional, voir "pratiques orales ordinaires" ci-dessus.

Les pratiques interférentielles et alternées

Il est assez courant d'entendre des locuteurs alterner entre provençal et français, soit pour des raisons situationnelles (lieux, thèmes, interlocuteurs…) soit pour des raisons conversationnelles (citations, ciblage d'interlocuteurs, interjections, modalisations du discours) pour reprendre la terminologie de Gumperz (1989).

Cette juxtaposition elle-même est significative, car elle produit des effets symboliques reconnus par les membres de la communauté, principalement en termes de précision de la signification sociale du discours ou de signaux de connivence, de loyauté identitaire. Cela vient ainsi conforter les fonctions du français régional, sur un continuum de référence qu'on peut schématiser comme sur notre figure 4 ci-après.
 
 


alternances variables prov./fr. et fr./prov.
+
provençal <------------[zone interférentielle]------------> français
|
fr. régional (provençalisé) institué

Il convient de signaler qu'aujourd'hui chez les Provençaux, le pôle "provençal" (pur) et le pôle "français" (pur) sont des idéal-types jamais pratiqués. On observe toujours des pratiques interférentielles à des degrés divers, (voir annexe ci-après), ce qui correspond de fait à une réelle compétence bilingue intégrée sur un répertoire sociolinguistique et communicationnel global (Deprez 1994 ; Grosjean 1982 ; Lüdi et Py 1986). Le "néo-provençal" est un provençal fortement francisé, surtout dans ses structures syntaxiques et phraséologiques, réguliers chez les jeunes militants urbains.

Le système peut s'enrichir d'autres langues de références, par exemple chez des migrants (surtout romanophones d'origines -Corses, Espagnols, Italiens…- et plutôt âgés, mais je l'ai observé chez de jeunes Maghrébins), des Gitans, etc. (Binisti et Gasquet-Cyrus 2001), voire des Provençaux parlant également italien… ou anglais !) .

On n'oubliera pas l'énorme impact du voisinage et des échanges depuis très longtemps avec l'Italie, ainsi que de la forte immigration italienne au cours des XIXe et XXe s (Milza 1986 ; Blanchet à par.a). C'est l'autre pôle de référence après le pôle français, au point que certains considèrent le provençal comme une sorte de génois ou de piémontais, notamment en Provence orientale et montagnarde. L'italien et l'Italie sont fréquemment employés et évoqués dans la littérature ou les chansons provençales. Les emprunts à des parlers d'Italie sont assez nombreux en provençal et en français régional (notamment marseillais). Parmi les expressions familières provençales les plus usuelles employées aujourd'hui en français régional, 5 % sont d'origine italienne, certaines expressions en italien sont courantes à Marseille et en Provence (Blanchet, 2000c).
 

Bilan provisoire

Les pressions engendrent certes des conflits et des mouvements, mais les populations locales parviennent au fond à tirer, au moins provisoirement et pour certains, leur épingle du jeu en dépassant le paradoxe de la double polarité conflictuelle, pour en faire une ressource globale intégrée. Ce qui n'empêche pas le linguicide français de produire aussi surtout du mal-être, des rancœurs, des pertes de lien social, un appauvrissement des ressources communicationnelles des Provençaux et également du patrimoine culturel de l'humanité. Il produit aussi, heureusement à mon sens, une réaction d'attachement à la langue et à la culture "censurées" : toutes les enquêtes montrent que, en moyenne, 80 % des Provençaux et des habitants de la région en général sont favorables au provençal, pour des raisons globales de dynamique régionale (richesse culturelle, patrimoine littéraire, originalité créative, solidarité sociale, motivation économique). Aussi nombreux sont ceux attachés à la façon provençale de parler français. On observe d'ailleurs une bonne transmission du français régional aux jeunes, qui se l'approprient, le font évoluer à leur façon, voire relancent et remotivent des mots ou des expressions qui semblaient tomber en désuétude (Blanchet 2000c). Une conséquence précise, au-delà des conséquences générales en termes de politique linguistique, est la nécessité de la prise en compte de ce français effectivement parlé par les enfants dans l'enseignement du français à l'école et au collège, par exemple pour l'acquisition de l'orthographe et la gestion des normes communicatives (Blanchet 1994d).

La dynamique en cours donne quelques signes favorables quant à la vitalité et l'avenir du provençal. Le provençal fait d'ailleurs partie de la liste des "langues en péril" dans le monde établie sous l'égide de l'Unesco, comme toutes les langues de France autres que le français (Wurms 1996).

On observe donc en Provence aujourd'hui une situation de bilinguisme patent, ou plutôt de diglossie (répartition fonctionnelle des langues dans des contextes de communication différents, s'appuyant sur une hiérarchisation en langue de prestige -dominante- et populaire -dominée-). Voire de triglossie, si l'on prend en compte provençal, français régional et français normatif, ou de quadriglossie plus complexe avec les langues de l'immigration. Les pratiques sont vivantes, marquées par des évolutions complexes en cours, qui ne vont pas nécessairement, comme on le prétend souvent, vers la solution finale de l'extermination du provençal au bénéfice du français de l'Etat. Le centralisme linguistique français, l'uniformisation voulue, apparaissent ainsi en échec au moins partiel, malgré les énormes moyens d'Etat mis en œuvre depuis plus d'un siècle. C'est sans doute le signe de quelque chose de plus fort et de plus nécessaire encore : la diversité culturelle. On se rappellera opportunément que le plurilinguisme est une situation banale et normale pour les sociétés et les individus, alors que le monolinguisme reste, sauf exception, une bizarrerie artificielle produite de façon autoritaire dans des Etats ethnocentristes (souvent occidentaux).

Les Provençaux ont su s'enrichir d'un plurilinguisme intégré provençal-français et autres langues, malgré l'attitude négative dominante du pôle français. Ils ont un peu perdu de leur plurilinguisme ancestral lié à d'autres langues de leur aire (italien, piémontais, génois, corse, catalan, lingua franca, etc.). Resterait à ce que le pôle français, surtout géré par l'Etat (Yacoub 1995), adopte enfin une attitude effectivement positive, visant un vrai bi- ou pluri-linguisme et non une diglossie à finalité monolingue d'exclusion de la langue régionale. Il faut donc transformer une vision conflictuelle en une vision de complémentarité, un duel en duo.
 
 


Les grandes variétés dialectales du provençal

NB : Le nissart, le provençal alpin et transalpin sont souvent identifiés comme distincts du provençal tout en en restant proches.
 
 

Annexe : Traits caractéristiques des variétés interférentielles

 a) du français régional
-répartition des voyelles [e/E (ouvert), ø/œ, o/O (ouvert)] selon la syllabe et la tonique, un seul a, accent tonique pertinent [femme/fameux], maintien des e "caducs" [une petite fenêtre = 8 syllabes], remplacement des voyelles nasales par voyelles + consonnes nasales, intonations "chantantes".
-vocabulaire et "façons de dire" issus du provençal.

 b) du néo-provençal
-ouverture des diphtongues toniques, ajouts de consonnes finales écrites [serp pou sE "serpent"], confusions de voyelles atones, perte du r lingual au profit du  vélaire généralisé,
-mots rares ou archaïques, y compris pour éviter des francismes lexicaux usuels du provençal spontané (carivènd),
-syntaxe et "façons de dire" : calque d'un français écrit (abus de substantifs, de subordonnées, de formes passives et de notions abstraites) provoquant l'emprunt de mots académiques ou technocratiques, ex. : "lou debat sus la questioun regiounalo es redevengu un debat d'atualeta (…) lou jacoubinisme fai partido entegranto de la culturo franceso (…) coume l'on pourrié resta indiferènt à de proupousicioun que nous an fa pantaia de decenìo emai de decenìo durant" .
 b') du "néo-provencitan" (mêmes traits que le néo-provençal, + les suivants) :
-confusion avancée des voyelles (o/ou, o/a, etc.), prononciation de nombreuses consonnes finales de la graphie occitane (bolhir), prononciation languedocienne (r parfois roulés, géminées, etc.),
-emprunts lexicaux/sémantiques au gascon et au languedocien ( meteis, plan "bien", poble, vertat), calques d'expressions françaises, morphologie archaïque refaite sur le languedocien (pronom i, cantan pour canton).
-mélange aléatoire de formes dialectales diverses ou inventées (pouart pour port) .

 

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